Sanctions CNIL en prospection : 3 décisions à connaître (et comment les éviter)

Sanctions CNIL en prospection : 3 décisions à connaître (et comment les éviter)

En bref

  • Trois sanctions publiques de la CNIL éclairent les erreurs les plus fréquentes en prospection : collecte illicite de données (Kaspr, 240 000 €), consentement mal recueilli (Accor, 600 000 €), formulaires trompeurs avec preuve défaillante (SoLocal MS, 900 000 €). Point commun : un consentement mal obtenu ou impossible à prouver.

Panorama des 3 sanctions

OrganismeMontantDateErreur principale
Kaspr240 000 €5 décembre 2024Collecte de données par scraping, conservation trop longue
Accor600 000 €3 août 2022Case de consentement newsletter pré-cochée
SoLocal MS900 000 €15 mai 2025Formulaires trompeurs (dark patterns), preuve défaillante

1. Kaspr (240 000 €) — la collecte illicite des données

Ce qui est reproché : un enrichissement de données réalisé à partir de profils LinkedIn à visibilité limitée (scraping), une durée de conservation excessive et une gestion insuffisante des droits d'accès.

La leçon : l'origine de vos données compte autant que leur usage. Avant d'intégrer une base — achetée, enrichie ou scrapée — vérifiez sa licéité et documentez sa source. En prospection, une base « pratique » mais illicite est une bombe à retardement.

2. Accor (600 000 €) — le consentement mal recueilli

Ce qui est reproché : une case de consentement à la newsletter pré-cochée, associée à une information et un droit d'opposition défaillants. Le consentement n'était donc pas valable.

La leçon : un consentement doit résulter d'un acte positif. Pas de case pré-cochée, pas d'inactivité valant accord. Chaque finalité doit être présentée clairement, avec une possibilité de refus aussi simple que l'acceptation. Voir Prospection B2C et RGPD.

3. SoLocal MS (900 000 €) — les dark patterns et la preuve

Ce qui est reproché : des formulaires trompeurs sur des jeux-concours (dark patterns) et l'incapacité à prouver un consentement valable pour les personnes prospectées.

La leçon : au-delà du recueil, c'est la preuve qui fait défaut. L'article 7.1 du RGPD impose de démontrer, contact par contact, que le consentement a bien été donné — avec la date, le formulaire et l'information affichée.

Le fil rouge : recueillir ET prouver

Ces trois décisions convergent vers un même message : la conformité de la prospection ne se joue pas seulement au moment de l'envoi, mais avant (licéité, consentement) et après (preuve, respect des droits).

Trois réflexes suffisent à éviter la majorité de ces situations :

  1. Vérifier l'origine de chaque donnée et sa base légale.
  2. Recueillir un consentement valable — libre, spécifique, éclairé, univoque — sans dark pattern.
  3. Conserver la preuve de façon individualisée.

La conformité, un frein ou un levier ?

Vu comme une contrainte, le RGPD ralentit la prospection : autocensure, canaux mis de côté, angoisse du contrôle. Maîtrisé, il devient un levier commercial : tous les canaux ouverts en toute légalité, une meilleure délivrabilité, des données propres et des équipes qui vendent au lieu de « réparer ». Les entreprises qui structurent leur conformité affichent aussi un argument de confiance auprès de leurs clients.

Sources : délibérations CNIL — Kaspr (5 déc. 2024), Accor (3 août 2022), SoLocal MS (15 mai 2025) ; RGPD art. 7.1.

Passez à l’action

Documentez la licéité de vos données et préparez un éventuel contrôle CNIL : évaluez votre conformité avec Data Comply One.

Mesurer mon score RGPD →Demander une démo