Synthesia et le RGPD / AI Act : avatars IA, droit à l'image et marquage
En bref
- Synthesia (éditeur britannique) génère des vidéos avec avatars IA. Deux enjeux : le droit à l'image et à la voix (avatars « sur mesure » créés à partir de personnes réelles = consentement écrit, spécifique, révocable) et le marquage/divulgation des contenus générés (article 50, applicable au 2 août 2026). Le Royaume-Uni bénéficie d'une décision d'adéquation UE. Vérifier l'origine des données d'entraînement (scraping facial non ciblé interdit).
Présentation et données traitées
Synthesia est une plateforme britannique de génération de vidéos par IA : à partir d'un texte, elle produit une vidéo animée par un avatar doté d'une voix de synthèse. Elle propose des avatars sur catalogue et des avatars personnalisés (clonage d'un collaborateur).
Synthesia traite le texte fourni et, pour les avatars personnalisés, l'image et la voix de la personne clonée (données potentiellement biométriques). Les vidéos peuvent représenter des personnes identifiables. Éditeur britannique : transferts couverts par l'adéquation UK ; vérifier l'hébergement et les sous-traitants.
Les risques pour votre entreprise
Le risque principal est le droit à l'image et à la voix : créer un avatar à partir d'un collaborateur sans consentement adéquat, ou lui faire tenir des propos engageants sans cadre. S'ajoute l'obligation de transparence sur les vidéos générées.
Principaux risques RGPD :
- Reproduire le visage ou la voix d'une personne réelle suppose son consentement (droit à l'image, voix comme donnée personnelle).
- Avatar sur mesure : consentement écrit, spécifique et révocable ; finalités et durée.
- Transferts (adéquation UK) et sous-traitants à vérifier.
- Origine des données d'entraînement (scraping facial interdit).
Les obligations RGPD
- Recueillir un consentement écrit et spécifique (image + voix) pour tout avatar personnalisé.
- Encadrer les usages et la révocation ; informer les personnes représentées.
- Vérifier le DPA, l'hébergement et les sous-traitants.
- Inscrire au registre ; AIPD si traitement biométrique à grande échelle.
- Impliquer le DPO ; former les équipes communication/formation. Pas de DPO ? Voir notre DPO externalisé.
Les obligations AI Act
Article 50 (applicable le 2 août 2026, échéance technique le 2 décembre 2026) : le fournisseur marque techniquement les contenus (filigrane, métadonnées C2PA/IPTC) et le déployeur qui produit un deepfake doit divulguer clairement qu'il a été généré/manipulé par IA — une mention noyée dans les CGU est insuffisante. Régime allégé (divulgation minimale) pour les œuvres manifestement artistiques/satiriques. Modèles GPAI ; littératie IA (article 4). Interdiction (article 5) : le scraping facial non ciblé est prohibé — vérifiez l'origine des données d'entraînement. Voir le guide AI Act.
Risques AI Act : vidéos générées non marquées/non divulguées (article 50) ; deepfakes de personnes réelles sans divulgation ni consentement ; données issues de scraping facial (interdites).
Cybersécurité et bonnes pratiques
Risques cyber : usurpation via avatars (fraude au président en « vidéo »), diffusion de vidéos compromettantes, accès aux avatars personnalisés à protéger ; NIS 2 selon la taille.
Bonnes pratiques : consentement écrit pour chaque avatar personnalisé (registre) ; marquage et divulgation systématiques ; exploiter le marquage natif et vérifier l'origine des données ; charte IA, formation, procédure anti-usurpation (double validation).
Checklist :
- Consentement écrit (image + voix) pour les avatars personnalisés, usages et révocation encadrés, personnes informées
- Marquage/divulgation des vidéos (article 50), DPA + hébergement/sous-traitants vérifiés, origine des données vérifiée
- AIPD si biométrie à grande échelle, registre à jour, équipes formées
Sanctions, conclusion et recommandations
Sanctions : RGPD (jusqu'à 20 M€ ou 4 % du CA mondial) ; AI Act (jusqu'à 15 M€ ou 3 % pour un manquement à la transparence de l'article 50, 35 M€ ou 7 % pour les pratiques interdites) ; civil et pénal — atteinte au droit à l'image, article 226-8 du code pénal (montage non consenti), article 226-8-1 (hypertrucages à caractère sexuel).
Recommandation : Synthesia est un outil puissant, mais les avatars touchent au droit à l'image et à la voix : exigez un consentement écrit et spécifique, marquez et divulguez les vidéos générées, vérifiez l'origine des données et prévoyez une procédure anti-usurpation. Comparez avec HeyGen et les générateurs vidéo Sora, Veo. Voir le comparatif des outils d'IA.
Passez à l’action
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