Assurance · AI Act

Assurance & AI Act : encadrer la tarification et la souscription

L’AI Act classe l’évaluation des risques et la tarification en assurance vie et santé parmi les usages à haut risque. Les assureurs, grands utilisateurs d’IA actuarielle, doivent qualifier chacun de leurs usages et maîtriser les biais. Ce guide précise la qualification, les obligations du haut risque, l’exclusion de la détection de fraude et le cumul avec le RGPD.

Équipe DPO / RSSI — Data Comply One Mis à jour le 15 juin 2026

En bref

  • Réglementation : AI Act.
  • Les assureurs sont concernés comme déployeurs et, s’ils développent leurs propres modèles sous leur marque, comme fournisseurs.
  • Classer les systèmes.
  • Maîtriser données et biais.
  • Documenter et évaluer.
  • Jusqu’à 35 M€ ou 7 % du CA pour les pratiques interdites et 15 M€ ou 3 % pour les manquements du haut risque, en sus du risque RGPD sur les données de santé et le profilage.

Échéances réglementaires

Les dates clés de cette réglementation.

Août 2024

Entrée en vigueur

En vigueur

Février 2025

Interdiction des pratiques prohibées

En vigueur

Août 2025

Modèles d'IA à usage général (GPAI) & gouvernance

En vigueur

Août 2026

Obligations des systèmes à haut risque (Annexe III)

En vigueur

Août 2027

Haut risque intégré aux produits (Annexe I)

À venir

De quoi parle AI Act ?

L’AI Act qualifie de haut risque, à son annexe III, l’évaluation des risques et la tarification, à l’égard des personnes physiques, en assurance vie et santé. Les systèmes à haut risque supportent des obligations de gestion des risques, de qualité des données, de transparence, de supervision humaine et de robustesse.

La détection de fraude en est expressément exclue à ce titre ; les usages internes relèvent de régimes plus légers.

Le secteur « Assurance » est-il concerné ?

Les assureurs sont concernés comme déployeurs et, s’ils développent leurs propres modèles sous leur marque, comme fournisseurs. La tarification vie et santé des personnes physiques est le cas emblématique de haut risque.

Les branches dommages ou les usages conversationnels relèvent le plus souvent de régimes plus légers, mais restent soumis au RGPD.

Obligations détaillées

Classer les systèmes

Cartographier les usages d’IA et isoler le haut risque (tarification vie/santé).

Maîtriser données et biais

Garantir la qualité et la représentativité des données et contrôler les biais, enjeu central pour éviter la discrimination.

Documenter et évaluer

Constituer la documentation technique et réaliser l’évaluation de conformité.

Assurer la supervision humaine

Permettre un contrôle humain effectif des décisions de tarification et de souscription.

Informer les assurés

Assurer la transparence sur l’usage de l’IA, en articulation avec le RGPD.

Sanctions & risques

Jusqu’à 35 M€ ou 7 % du CA pour les pratiques interdites et 15 M€ ou 3 % pour les manquements du haut risque, en sus du risque RGPD sur les données de santé et le profilage.

Un modèle de tarification biaisé expose à la sanction et à un risque de discrimination lourd de conséquences.

Calendrier d’application

  • 1Entrée en vigueur. 1er août 2024.
  • 2Haut risque. Obligations principales à partir du 2 août 2026 pour la tarification vie/santé.

Erreurs fréquentes dans le secteur

  • 1Haut risque non identifié. Traiter la tarification vie/santé comme un usage ordinaire.
  • 2Biais non maîtrisés. Ignorer les biais, source de discrimination et de non-conformité.
  • 3Cumul RGPD oublié. Ne pas articuler AI Act et RGPD sur les données de santé et le profilage.
  • 4Supervision de façade. Afficher une supervision sans moyens réels d’influer sur la décision.

Cas pratique

Un assureur santé déploie un modèle de tarification fondé sur des données de souscription. Classé à haut risque, il impose documentation, contrôle des biais et supervision humaine. L’assureur articule ces exigences avec l’exception RGPD pour les données de santé et l’information des assurés sur le profilage, traitant les deux textes ensemble.

Feuille de route de mise en conformité

  1. 1

    Inventorier. Recenser les usages d’IA (tarification, souscription, fraude, sinistres, relation client).

  2. 2

    Qualifier. Isoler les systèmes à haut risque (tarification vie/santé).

  3. 3

    Fiabiliser. Traiter la qualité et les biais des données.

  4. 4

    Documenter. Produire documentation technique et évaluation de conformité.

  5. 5

    Encadrer. Mettre en place supervision et information, articulées avec le RGPD.

Questions fréquentes

En assurance vie et santé, à l’égard des personnes physiques, oui. La détection de fraude en est exclue à ce titre.

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